Être une artiste. Être une maman et avoir une vie professionnelle
je suis une maman. Je suis une artiste et je travaille.
J’ai commencé à peindre il y a 5 ans; mais j’ai commencé à écrire des livres il y a plus de 10 ans. j’étais déjà maman de trois enfants. et j’avais déjà mon activité professionnelle. J’ai écrit plusieurs livres alors que mes enfants étaient très jeunes. Et ils ont même influencé le thèmes de mes ouvrages (j’ai écrit des livres pour enfant) et parfois leurs histoires. Le challenge était grand: Je devais prendre soin de ma famille, être présente et compétente au sein de mon activité professionnelle et me garder une part à moi pour ma créativité.
Des femmes de mon entourage sont nombreuses à me dire qu’elles commenceront à dessiner, peindre ou faire cette activité qui leur plait vraiment, à la retraite, quand leurs enfants seront plus grands et partis. Je ne sais pas si ces personnes ont tort ou raison de penser comme cela, car finalement chacun fait selon les priorités qu’il s’établit pour lui-même. Quant à moi, j’ai décidé de m’occuper de ce qui me fait du bien tout de suite. D’ailleurs, sans ignorer les difficultés que j’ai du affronter en tant que personne portant au quotidien plusieurs casquette, je n’ai jamais mis de côté ma créativité. Et cela prouve bien qu’être une femme qui travaille, une mère et une artiste est un véritable défi.
En ce qui me concerne, Je lutte tous les jours pour trouver de l’espace pour moi. Je lutte étant consciente que lorsque je ne crée pas, lorsque je ne dessine pas, je ressens un profond manque et je me sens désénergisée.
j’ai besoin de dessiner, peindre, écrire même un petit quelque chose pour m’oxygéner. Ce quelque chose ne doit pas forcément être élaboré, parfait, mais tout simplement être présent dans mon agenda. A chaque fois que j’en ressens les bienfaits, je suis bien contente de ne pas avoir repoussé cette source de bien-être intense pour plus tard.

Hier, je discutais avec ma fille de 18 ans qui fait du violoncelle depuis 10 ans déjà. Elle venait de participer à un concert de notre ville en tant que soliste. Alors comme j’aime bien parler de créativité avec elle, je lui demandais comment elle s’était sentie lorsqu’elle a joué : Elle m’a dit que lorsqu’elle est sur scène, et plus généralement lorsqu’elle a un spectacle , elle est toujours un peu crispée les premières secondes mais qu’après ses premières notes, elle s’envole. Elle a l’impression de ne plus être sur présente mais ailleurs, quelque part. Et que lorsque son morceau est terminé, elle a besoin de temps pour réatterrir dans le présent. C’était particulier pour moi d’entendre ma fille me décrire comment elle vit ses moments créatifs. Alors, comme toujours, je l’ai encouragée à poursuivre son apprentissage du violoncelle, parce qu’il est rare de trouver cette activité qui procure de telles émotions.
Je ressens la même chose lorsque je baigne dans ma propre essence créative. Je me sens indescriptiblement bien. je ne suis plus vraiment là. Une force débordante me pousse à écrire, dessiner, prendre des couleurs l’espace d’un moment parfois long ,mais qui me semble très court. je peux plonger dans une peinture pendant des heures. C’est après que je suis fatiguée. Mais pendant…je vibre. Je ne pourrai pas vivre sans créer. Mais parfois, il y a cette petite voix qui me dit que je devrais plutôt faire ceci ou cela que prendre ce temps pour moi. je comprends donc ces femmes et je ne cesse de me demander pourquoi est-ce si difficile, pour nous les femmes artistes, de nous offrir cet espace à nous, pourtant si important pour notre bien-être?
Commencer à peindre lorsqu’on a déjà un métier, une famille dont on s’occupe est un combat. Mais si peindre est réellement important pour nous , cette lutte vaut la peine d’être menée.
Moi, j’ai du pour cela:
- prendre amplement la mesure de ce que je suis, c’est-à-dire une artiste, cette espèce humaine sensible à l’art et qui s’exprime à travers lui.
- et j’ai du octroyer du temps à l’artiste en moi, tout comme je donne de mon temps à ma famille et mon travail. Il ne s’agit pas d’être égoïste, mais simplement d’honorer ce que je suis.

Les défis auxquels nous faisons face lorsqu’on est une artiste à plusieurs vies sont les mêmes qu’ont du surmontés toutes ces femmes qui ont une voie prépondérante dans le milieu littéraire ou artistique.
Pour certaines, elles étaient mères célibataires. Parfois avec des fins de mois très compliquées. Elles ont commencé à peindre ou à écrire dans leur cave, sur la table de leur salon, sur leur lit; Elles ont du écrire la nuit après que leurs enfants soient endormis et être actives aux aurores pour s’occuper d’eux. Elles ont du essuyer des refus et se remettre sur selle dans les mêmes circonstances familiales difficiles. Elles n’ont pas compté leurs heures, leur week-end qu’elles ont dédiés à leurs créations. Elles ont travaillé de manière acharné et ont défoncé des portes pour être vues et écoutées. Et en fin de compte, elles y sont parvenues. Elles n’ont rien lâché. L’enjeu de faire entendre leurs voix étaient bien plus importants que leur circonstance de vie. Et il ne s’agissait pas que d’elles, mais de toutes les autres voix qu’elles souhaitaient rendre visibles au travers de leurs créations.
Nous devons être consciente du fait que nous sommes des êtres créatifs. Et quelles que soient nos circonstances de vie, cela ne changera pas.
Alors, Mesdames, qu’attendez-vous pour faire vivre l’artiste en vous, écrire vos premiers mots, saisir vos pinceaux?
J’aimerais vous encourager à essayer de trouver du temps pour honorer vos talents qui ne demandent qu’à éclore et à inspirer.
La majorité des peintures présentées sur ce blog sont réalisées en partie au pastel à l’huile. Dans cet article vous découvrirez pourquoi j ai choisi ce médium pour mes moments créatifs . Et si vous hésitez à vous lancer dans la pratique de l’art et du pastel à l’huile, sachez chers amateurs, que j’ai commencé à faire de l’art à plus de 40 ans et que j’y ai trouvé mon bonheur.