Comment le stylo m’a aidé à lutter contre mon perfectionnisme

Comment le dessin au stylo m’a aidé à lutter contre mon perfectionnisme

Petit disclaimer:  cet article n’est pas à charge contre le perfectionnisme, car je pense que le perfectionnisme  peut être un réel atout pour un artiste si il sait en tirer les avantages.

Le perfectionnisme peut malheureusement être un problème lorsqu’il devient une prison et empêche d’avancer. Lorsqu’on devient un peu trop critique sur son travail. Dans ce cas, on ne voit que les défauts de ses oeuvres et on n’arrive plus à s’arrêter de les corriger. Il peut arriver même qu’on abandonne son travail en cours de route tout simplement parce que le rendu ne sera jamais à la hauteur de nos fortes attentes.

Je pense avoir été très  perfectionniste par le passé. Mais petit à petit, j’ai appris à me détacher du résultat, à profiter pleinement du voyage, à regarder par la fenêtre du train créatif, à admirer les jolis paysages sans  me soucier de la destination finale. 

 Je dois dire que la pratique du dessin au stylo m’y a beaucoup aidé. Le stylo m’a aidé à apprécier tout ce que je considérais comme des défauts.

Lorsque j’ai débuté le dessin, il était hors de question que je dessine sans gomme. J’avais tellement peur de dessiner un trait de travers que ma gomme était toujours prête à l’action. Je gommais ce qui ne me semblait pas correct et je recommençais. Parfois, je gommais tellement que j’abimais le papier,  rendant mon dessin  encore plus éloigné du niveau de perfection que j’attendais.

J’avais déjà entendu plusieurs artistes conseiller de dessiner sans gomme, mais pour moi, ce n’était pas envisageable.

Puis un jour, une collègue m’a fait découvrir un livre entièrement illlustré au stylo, celui d’Emil Ferris. J’ai adoré feuileter ce livre, observer les dessins. Je découvrais un tout nouvel univers.  Cette autrice utilisait le stylo, comme un artiste utiliserait le crayon de couleurs ou le pastel à l’huile. Je découvrais qu’il était possible de dessiner en couleur au stylo , c’est-à-dire de se créer tout un univers coloré sans avoir à utiliser la gomme. j’étais émerveillée. 

Un jour, J’ai décidé à mon tour  d’essayer de dessiner avec un stylo noir, juste pour voir. Je me suis mise à gribouiller et  j’ai instantanément capté la particularité du stylo.

je trouvais que mes personnages avaient davantage de caractère au stylo et que , c’étaient ces lignes pas très droites faites, ces traits imparfaits, qui les rendaient  tout simplement normaux à mes yeux.

Je n’ai plus jamais arrêté le stylo. Aujourd’hui, je dessine autant au stylo qu’au pastel à l’huile. 

Le lien est simple: 

Le stylo n’a pas de gomme. En tout cas, pas les miens.  Leurs tracés  sont donc définitifs. Je ne peux pas effacer les traits s’ils ne me plaisent pas et je suis obligée de les accepter tels qu’ils sont. Je ne peux donc pas changer l’orientation de mon dessin. Le stylo est le guide et je me contente de suivre le chemin qu’il trace. Le stylo m’a donc aidé à ne plus me poser de question et à aimer ce que je fais .  Si on a tendance à rechercher le zéro défaut, le stylo permettra de lacher prise sur le sujet qu’on dessine. Le stylo m’a appris à observer  tous les contours de mon oeuvre et à les embrasser. Au crayon, on décide trop vite que le dessin ne convient pas et on l’efface en partie ou totalement. Au stylo, on apprend à voir son travail de manière positive et complétement relâchée. 

Mon perfectionnisme m’empêchait parfois de me lancer dans une séance créative. Grace à la pratique du stylo, je commence mes séances plus aisément. Le temps entre la décision de dessiner et le premier tracé sur le papier s’est considérablement  réduit . Je ne me pose plus de question, J’apprends à ne plus laisser de place au doute, parce que le stylo m’a montré  que la beauté se cache dans l’imperfection d’un trait. Et même si en fin de compte, le dessin ne prend pas le chemin souhaité, ce n’est pas bien grave. j’ai toujours tendance à dire  que le dessin nous emmene à l’endroit où on doit réellement aller. 

Le  bonus du dessin stylo, c’est qu’il m’a permis de faire des bonds de géants dans ma pratique. Je n’utilise plus ou très rarement la gomme quand je dessine au crayon. D’ailleurs j’aime dorénavant élaborer mes premiers croquis au crayon de couleur avant de commence à peindrer. Mes tracés sont également plus francs et je dessine plus vite. Ah oui! A ne ne plus chercher à  refaire une énieme fois un trait, j’ai gagné énormément de  temps et d’efficacité. Au stylo,  mes traits sont plus rapides et je n’ai pas peur de l’échec. J’estime que ma production sera le reflet de ce que j’ai souhaité exprimer.

Le bruit du stylo lorsqu’on le frotte sur le papier  aide au lâcher-prise, grand avantage sur le perfectionnisme. C’est un bruit presque méditatif lorsqu’on dessine dans le silence d’une pièce. Lorsqu’on est en plein lacher-prise, on se laisse emporter dans sa créativité et la magie opère.

Relachez-vous complètement. Laissez les auto-jugements de côté et permettez au stylo d’être votre guide.Faites lui confiance. Pour cela, choissisez un moment dans la journée propice au lacher-prise. Moi, je dessine au stylo le soir avant de dormir. C’est à ce moment-là que j’ai besoin de me relacher complètement de la pression de la journée. Si j’avais choisi le matin, j’aurais été bien plus regardante sur le résultat, mais la nuit, je veux juste me détendre, ne plus trop me poser de question et créer quelque chose de simple.

Commencez donc par des formes simples, par exemple des fruits (orange, pomme, poire) et essayez d’aller vite.

Avec le stylo, vous avez toujours la possibilité d’améliorer un trait en repassant par dessus. le trait non souhaité peut alors servir d’arrière plan.

si le perfectionnisme vous freine dans votre pratique, Je vous encourage à dessiner au stylo; Faites le sans l’intention de montrer vos dessins. Mais simplement pour vous. Vous n’en verrez que les bienfaits cités plus haut.

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