Être unique et suivre sa propre voix

Niki de Saint Phalle et ses « nanas », imposantes et puissantes

J’ai pensé à écrire cet article suite à une discussion que j’ai eue avec ma première fille. Elle m’expliquait qu’elles avaient, elle et ses copines, offert un cadeau à une amie qui fêtait son anniversaire, mais qu’elle n’avait pas été d’accord sur le cadeau offert parce que cette amie leur avait déjà dit un jour, sans donner de raison, qu’un tel cadeau ne lui serait serait pas utile.

Ma fille avait opté pour un autre cadeau, mais s’était heurtée au refus de ses autres copines qui avaient donc persisté sur leur premier choix. Le jour de l’anniversaire arrivé , l’amie a reçu sa surprise de la part de ses copines. En fait, Ma fille a bien vu que même si cette amie était certes heureuse de recevoir un cadeau, ce dernier ne lui avait pas vraiment fait plaisir. Elle expliquera plus tard à ma fille qu’elle avait déjà reçu un cadeau du même type lors d’un précédent anniversaire.

Cet incident a fait l’objet d’une belle discussion entre ma fille et moi. Je lui ai parlé plus globalement de la difficulté, mais aussi de l’importance de suivre sa propre voix (ou voie), ses convictions, son point de vue lorsqu’on sait que ce dernier est juste et qu’on est en accord avec lui. Ce n’est jamais simple, à cause de la peur du rejet, mais c’est si gratifiant de s’en tenir à la feuille de route en laquelle on croit profondément. Dans le cas de l’anecdote de ma fille je voyais bien, je constatais bien qu’elle ressentait de l’amertume de ne pas avoir écouté sa voix, au vu du résultat qui en avait découlé.

En prenant un peu plus de hauteur, Je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec la création artistique. J’ai réfléchi au point commun que possèdent tous les artistes (écrivains et peintres, chanteurs) qui m’inspirent.

Les collages expressifs de Déborah Roberts

Ce sont des personnes qui ont su imposer leur propre voix au milieu de la foule. Ils ont montré leur différence et leur unicité au monde avec confiance. Ces artistes n’ont pas copié ce qui marchait déjà. Ils ont été authentiques, même si ce qu’ils créaient pouvaient sembler en dehors de la normalité. Ils ont fermement cru que leur voix avait sa place dans le monde.

Un artiste que j’aime pour sa singularité: Beauford Delanay. Ces deux tableaux sont de lui. Il m’a appris à trouver de la richesse dans le jaune.

Et je vous avoue que lorsqu’on crée, il est plus facile de se conformer à un modèle existant et ayant déjà du succès que de créer son propre modèle et de l’imposer. Faire cavalier seul, surtout lorsqu’on fait quelque chose qui n’a jamais été proposé auparavant est un défi. L’artiste a peur de ne pas être compris. il a peur du rejet. il a peur de se sentir encore plus seul que lorsqu’il était entrain de créer dans son atelier. Mais quel est le rôle d’un artiste si ce n’est celui d’exprimer sa singularité, d’attirer vers son art des regards nouveaux et des interrogations nouvelles, d’écrire des histoires probablement déjà écrites, mais de les écrire à sa façon?

L’artiste doit suivre sa propre voix, être confiant à propos de sa différence et être patient lorsque personne ne la comprend. Et Je suis certaine que toute création a le pouvoir de raisonner chez au moins une personne.

Lynette Yiadom Boakye ose des couleurs audacieuses.
Lynette Yiadom-Boakye, une artiste que j’admire pour son audace, les compositions de ses toiles, Ses compositions.

C’est l’une des raison pour lesquelles j’aime l’art. Le fait d’être témoin de toutes ces histoires racontées dans des versions différentes mais exrêmemment riches.

Moi, je m’interroge tous les jours sur mon authenticité, sur ma voix unique. Pour cela, je suis passée par de nombreuses remises en question, avant d’être enfin sereine. Une fois que j’ai trouvé mon style, J’ai questionné le médium que j’utilise habituellement, le pastel à l’huile. J’ai questionné les sujets que je peins, je me suis même questionnée sur ma légitimité à être artiste peintre et après avoir répondu à toutes ces questions, je me sens libre de déployer mes ailes dans le sens que je souhaite. Non pas pour être aimée, mais pour raconter mes petites histoires avec mes propres couleurs.

J’ai lu cette phrase de Frida Kahlo lors de l’exposition des œuvres de Mickalene Thomas au grand palais:

Mickalene avait reconstitué son bureau de travail et y avait scotché toutes ses petites notes d’ateliers telles que des photos, des citations d’artistes, des coupures de presse et des notes à elle. j’en parlerai plus en profondeur dans l’article suivant.

L’une de ses notes a attiré mon attention, une citation de Frida Kahlo, réécrite à la main par Mickalene, trônait dans un tiroir ouvert de son bureau. Voila ce qui était écrit:

Traduction: je peins ma propre réalité. la seule chose que je sais, c’est que je peins parce que j’en ai besoin. et je peins ce qui me passe par la tête, sans aucune autre considération.

C’est le conseil que je donnerai à toute personne créative et que je me répète sans cesse à moi-même. « Sois-toi, Suis ta propre voie et pas celle de quelqu’un d’autre. Exprimes-toi en ta propre langue , il y a bien quelqu’un quelque part qui la comprendra. Et si ce n’est pas le cas, ne t’arrête pas pour autant pour le bien que l’acte de créer fait à ton âme. »


Je suis Venessa et j’ai commencé à peindre à plus de 40 ans avec beaucoup de plaisir.

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